Dynamique de l'eau dans le sol en foret tropicale humide guyanaise. Influence de la couverture pedologique

En Guyane française septentrionale l’étude détaillée de la couverture pédologique a permis de mettre en évidence l’existence de systèmes à forte différenciation latérale qui ont été interprétés comme des systèmes de transformation d’une couverture ferrallitique initiale suivant un déterminisme d’origine tectonique mais d’amplitude pédologique (BOULET, et al., 1979). Cet article présente les premiers résultats d’une étude des répercussions de cette variabilité du milieu sur les termes du bilan hydrique dans le sol. Il est basé sur une étude du fonctionnement hydrique in situ (mesures neutroniques et tensiométriques) dans un système pédologique mixte en situation de pente légère (sols sur pegmatite). En saison des pluies, on note dans la couverture initiale (I5, fig. 3), en relation avec la macroporosité importante (fig. 7) des horizons à microagrégats 1 et 2 (fig. 3) et un coefficient de perméabilité (méthode de Muntz) restant supérieur à 3 mm h-1 dans les deux premiers mètres de sol (fig. 5), un drainage vertical en conditions non saturées même durant les périodes de très fortes précipitations (fig. 8, 10). De I4 à I0, le rapprochement vers la surface de l’horizon 6 (incision de la surface topographique initiale ), de densité apparente élevée (tabl. 1), présentant une faible macroporosité (fig. 7) et des valeurs du coefficient de Muntz voisines de 0 (fig. 5), provoque l’apparition d’une nappe perchée (fig. 8) caractérisée par un écoulement latéral efficace (fig. 10 et 12) grâce à la configuration interne favorable du sommet de l’horizon 6. Au cours des 2 saisons sèches étudiées (petit été de mars 1981 et grande saison sèche d’août-novembre 1980), caractérisées par d’importants déficits hydriques climatiques (tabl. 3), le réservoir sol est très largement utilisé pour la satisfaction des besoins hydriques de la forêt (tabl. 4 et fig. 13). Deux types bien tranchés d’évolution des profils hydriques en profondeur apparaissent :- Dans le cas des sites amont (I5 à I2, fig. 3), les variations d’humidité encore très importantes à 165 cm de profondeur attestent d’une extraction racinaire dépassant la profondeur des tubes d’accès. - Dans le cas du site I1 les variations profondes d’humidité sont nettement plus faibles en raison de la présence en profondeur de l’horizon 6 réduisant les possibilités de développement du système racinaire. Dans de telles conditions d’extraction racinaire profonde, il n’a pas été possible d’estimer l’évapotranspiration réelle de la forêt à partir des mesures neutroniques, mais les modalités expérimentales devant permettre une telle estimation pour le milieu étudié sont précisées.

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