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Influence du type de nutrition azotée sur le déclenchement de la chlorose du sapin de Nordmann (Abies nordmanniana, Spach, 1842)

Des cas de chlorose ont été signalés plusieurs fois chez le sapin de Nordmann cultivé sur des sols carbonatés. Les symptômes apparaissent dès le jeune âge et se manifestent par un jaunissement des aiguilles. Parmi les facteurs qui sont censés déclencher la chlorose, le calcaire des sols et les ions carbonate-bicarbonate des solutions des sols, la structure et la texture des sols et enfin le type de nutrition azotée sont souvent présentés comme des causes agissantes. Dans une recherche précédente (Khalil et al., 1988) concernant la chlorose du sapin de Nordmann en milieu naturel, il avait été montré que, parmi les facteurs du sol, le pH et la teneur en calcaire total rendent le mieux compte des symptômes chlorotiques. Mais pour tenter de discerner l’action du calcium de celle des ions bicarbonate-carbonate et apprécier les effets de la nutrition en azote, une série d’expériences de croissance de plants fut réalisée en faisant varier les facteurs suivants : le calcium, les ions (formule : document ci-joint) et le type d’alimentation azotée. Les cultures ont été faites en serre sur support inerte quartzeux (sable de Fontainebleau) qui a été enrichi ou non, soit en carbonate de calcium (craie) pour juger de l’influence du Ca2+ et des ions (formule : document ci-joint) soit en sulfate de calcium (gypse) pour apprécier le rôle des ions Ca2+ seuls; 12 traitements (Tableau I) ont été mis en place. Les supports placés dans des tubes ont reçu une plantule de 2 ans. Les plants ont été cultivés du 11 décembre 1985 au 22 octobre 1986 et arrosés (10 ml/sem) par des solutions nutritives de deux sortes ne différant que par la forme sous laquelle l’azote était fourni, soit nitrique, soit ammoniacale (Tableau II). Les percolats ont été recueillis, regroupés mensuellement et analysés. Après observation de l’état des plants en fin de culture, les aiguilles jeunes sont collectées, séchées et pesées ainsi que les racines, préalablement lavées. L’état des plants en fin de culture (Tableau IV) permet de conclure à l’existence de deux types de chlorose chez le sapin de Nordmann. En condition d’alimentation ammoniacale, la chlorose se manifeste uniquement en présence de CaCO3. La chlorose est bien plus sévère en condition d’alimentation nitrique, car même les plants des témoins sont affectés. En alimentation ammoniacale, la chlorose se développe uniquement en présence de CaCO3. En présence de gypse, il y a seulement dépression de la croissance comme le prouve la comparaison avec le témoin des biomasses foliaires et racinaires (Figs. 1, 2A et B). En environnement calcaire caractérisé par le pH élevé et la forte alcalinité (Tableau III) des solutions percolantes, la chlorose se définit par les points suivants : - diminution de la teneur des aiguilles en fer extractible par HCI, en magnésium et en soufre (Fig. 3), - accroissement du calcium des aiguilles (Fig. 3) et surtout des racines (Fg. 4), - alimentation difficile en potassium et surtout réduction de la mobilité de l’élément entre les racines et les aiguilles car les différences de teneur selon les traitements sont bien plus fortes dans les aiguilles. Dans tous les cas, la nutrition azotée demeure normale. En alimentation nitrique, la chlorose se développe, même en absence de CaCO3 et n’est pas sensiblement augmentée en présence de calcaire. La chlorose <<nitrique>> se caractérise essentiellement par une très forte carence en azote total révélée aussi bien par l’analyse des aiguilles (Fig. 3) que des racines (Fig. 4). Le sapin de Nordmann se comporte comme une espèce <<nitratophobe>> qui présenterait des difficultés à réduire l’azote nitrique absorbé. La chlorose se caractérise au niveau des aiguilles par un déficit des teneurs en fer soluble dans HCI et en magnésium, si l’on prend comme référence le témoin à alimentation ammoniacale. Les deux types de chlorose ont en commun le fait d’avoir bloqué au niveau de leurs racines une importante quantité de calcium qui forme un manchon de carbonate résultant de la précipitation à partir de solutions riches en bicarbonates.

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